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L'attitude exemplaire des Japonais - Un témoin raconte
Je ne sais pas si ces quelques mots vous serviront de témoignage, mais c’est en tout cas ce qu’en tant que résident de longue date, je peux dire de la situation sur place.
Les nombreux problèmes de la centrale nucléaire de Fukushima, sont graves et quelque peu angoissants mais à mon avis pas aussi dramatiques que le laisse supposer l'ensemble des nouvelles qui parcourent la planète via x modes médiatiques. J’ai même l’impression que nous avons vécu au moins aussi grave quand je regarde en arrière. D’abord aucune comparaison avec le drame de Tchernobyl. Et depuis les années 50, combien de tests d'explosions atomiques aux États Unis, en Sibérie, en Océanie, sans oublier le Sahara près duquel j’ai vécu dans ma jeunesse ? Une grande partie à l’air libre. En comparaison, les émanations de la centrale nucléaire de Fukushima seront certainement d’une échelle moindre. Et même si ça ne dure pas, les vents semblent jusqu’à présent avoir évité soigneusement la direction de la métropole.
En ce qui concerne le tsunami qui a ravagé les côtes nippones, si les pertes sont bien entendu trop nombreuses, à nouveau, comparées au tsunami de 2004 qui avait assombri nos cœurs et endeuillé plus d'un quart de la planète, les pertes humaines ne devraient être en comparaison que de l’ordre de 5%.
Pour l’immense majorité d’entre nous, nous avons été épargnés, mais aussi nos familles, nos amis, nos partenaires et associés, leurs familles, leurs amis, etc. En bref, pour nous à Tokyo, les dégâts ont été mineurs en regard de la violence de la secousse qui s’est produite. Se faire plus de soucis qu'il n'en faut n'est pas, à mon avis, productif. Le choc passé, nous avons dorénavant le devoir de faire en sorte que l’économie n’en subisse pas les conséquences. C’est même un devoir vis à vis de ceux qui ont tout perdu et qui souffrent dans la région du Tohoku.
Pendant ce temps, près des 2/3 de nos compatriotes – sans doute les champions parmi les « gaijins » (NDVAR : étrangers) - ont soit quitté le Japon, soit se sont éloignés de la zone « sensible ». Les capitaines qui ont quitté le navire ne sont même pas rares… Comme la cause de cette panique ne provient pas de sources japonaises, il faut la rechercher dans les informations propagées par nos médias et nos responsables. Il est malheureusement à craindre que pour ces derniers, le principe de précaution, n'ait été l’occasion de dissimuler leur incompétence.
Bien cordialement.
Message envoyé à la journaliste Sophie Verney-Caillat
Dominique Berthier (architecte et entrepreneur)